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   Roseanna (Per Sjöwall, Per Wahlöö)  1 commentaire
[28/01/2010 13:31]

Roseanna appartient aux romans qui ont marqué l’histoire de la littérature policière. Depuis l’émergence de la fameuse « vague nordique » (Mankell, Millénium, Indridason…), le tandem Maj Sjöwall-Per Wahlöö, considéré comme pionnier du polar suédois, a été redécouvert par le public français. Dans la préface de Roseanna, le célèbre Henning Mankell ne tarit pas d’éloges sur le roman, premier volet d’une série de dix : « Sur bien des aspects, Roseanna est un livre fascinant ». À la lecture du roman, on comprend en quoi le tandem a influencé l’auteur des Morts de la Saint-Jean : le texte se déroule en Suède, le temps est maussade, l’intrigue assez lente, et, enfin, l’objectif de ses auteurs est d’ « utiliser le roman criminel comme un scalpel ouvrant le ventre de la société et exposant la pauvreté idéologique et la morale discutable du bien-être bourgeois ». On retrouve tous ces points chez Mankell, donc, mais aussi l’Islandais Indridason. Passons au roman en tant que tel. L’intrigue est classique : une jeune femme est retrouvée morte dans un canal de Motala, une petite ville suédoise. De qui s’agit-il ? Qui a fait le coup ? Pourquoi ? L’inspecteur Martin Beck, avec ses collègues Ahlberg et Kallberg, va tenter de résoudre l’énigme… Ce roman, publié en 1965, comporte de nombreuses qualités. Tout d’abord, il se lit très bien grâce au style simple, nerveux, limpide et donc fortement agréable et efficace. Le lecteur apprécie également l’aspect « police procedural » du roman – inspiré par l’Américain Ed McBain – qui détaille le quotidien de la vie au commissariat. À ce titre, les restitutions des interrogatoires sont particulièrement réussies et captivantes. Mais il faut également dire que cet aspect « procédure policière » déçoit un peu, car pas assez développée. On y trouve bien moins de détails et de documentation, du moins dans ce premier volet, que dans la fameuse saga du 87e district de McBain, écrivain à la fois fondateur et référence du genre. Autre aspect relativement décevant (mais pas si gênant, finalement) : la dimension « critique de la société » est assez peu évidente, dans la mesure où Roseanna est un polar de forme très classique. Qu’y apprend-on vraiment sur la société suédoise ? Qu’elle abrite des psychopathes et des meurtriers ? Quel scoop ! La Suède était sans doute, dans les années 60, considérée comme LE modèle social, mais qui est assez naïf pour penser qu’elle ne connaissait pas les problèmes « universels » que sont la violence et le crime ? Enfin, c’est un roman auquel, en bon polar scandinave, on peut parfois reprocher une certaine lenteur, due à un manque de rebondissements. Bref, un roman non dénué de défauts, mais qui bénéficie de circonstances atténuantes : il s’agit d’un premier roman, les auteurs n’étaient donc pas encore totalement à l’aise, et ce texte est paru dans les années 60, beaucoup d’eau a depuis coulé sous les ponts, ce qui rend le lecteur plus difficile et avide d’intrigues toujours plus originales… Pour conclure, Roseanna est un bon polar qui mérite le détour, un roman « culte » à avoir lu, plus impressionnant par son ton alerte qui n’a pas pris une ride que l’intrigue elle-même, qui ne surprendra pas le lecteur d’aujourd’hui.





   Les sept crimes de Rome (Guillaume Prévost)  1 commentaire
[25/01/2010 22:44]

Les sept crimes de Rome est un roman policier historique écrit par le Français Guillaume Prévost. En 1514, Léonard de Vinci, aidé d’un jeune étudiant en médecine, enquête sur une série de meurtres qui font rage dans la Ville éternelle… Une belle réussite que ce roman très documenté qui nous offre de belles images de la Rome du 16e. Le lecteur peut « visiter » le Vatican (et y croiser le Pape Léon X), la chapelle Sixtine, la colonne de Marc Aurèle et tant d’autres monuments romains célèbres. Il apprend aussi une foule de choses sur l’époque, entre autres : l’enseignement d’Averroès était proscrit par l’Église (le philosophe ayant nié l’immortalité de l’âme), la place prépondérante de l’art dans la vie quotidienne, mais aussi la montée de l’antisémitisme et de l’insécurité dans Rome. Cet aspect « érudit », additionné à l’habileté de la reconstitution, rappelle forcément Le nom de la rose, le chef-d’œuvre d’Eco. Un autre aspect savoureux du texte repose sur le personnage de Léonard, dont le lecteur visite avec bonheur l’atelier, qui fourmille de surprises… On s’attache forcément au personnage, ce Génie frustré par sa curiosité sans cesse en éveil et sa volonté de tout découvrir, cet être méprisé par la police quand il s’intéresse de plus près aux assassinats, car jugé trop intuitif… Et les qualités du roman ne s’arrêtent pas là. Parfois, les polars historiques laissent le lecteur sur sa faim car ils privilégient le contexte historique, le « décor », au détriment de l’intrigue policière, qui passe au second plan. Ce n’est pas le cas ici. Le roman captive le lecteur du début à la fin par son rythme effréné, ses fausses pistes et son style soigné et agréable. Passionnant et instructif, Les sept crimes de Rome est tout simplement une excellente lecture !





   Mygale (Thierry Jonquet)  2 commentaires
[22/01/2010 22:28]

Mygale, de Thierry Jonquet, fait partie des romans qu’il est impossible de résumer sans en dévoiler les tenants et aboutissants. Contentons-nous donc de dire qu’il s’agit d’une terrible histoire de vengeance, qui, malgré son petit gabarit, laisse un souvenir impérissable à son lecteur. Car là où les autres polars excèdent souvent les 500 pages – avec souvent des longueurs inconfortables –, Jonquet n’en propose que 150, avec seulement trois personnages importants (les autres étant très secondaires). Les protagonistes se nomment Richard Lafargue, chirurgien, Eve, sa magnifique compagne qu’il enferme à double tour, et Alex, un jeune homme pas très fûté qui vient de cambrioler une banque. Le lecteur amasse petit à petit les pièces du puzzle, entre dans le passé des personnages et ne finit par tout comprendre que dans les ultimes pages du texte. Mygale est un petit bijou, qui captive mais aussi dérange le lecteur par son aspect glauque et très noir. À un degré acceptable, rassurons-nous, contrairement à Mémoire en cage du même auteur, autrement plus malsain et éprouvant. Une réussite totale, donc, car tout y figure : style épuré extrêmement prenant, grand talent narratif, intrigue très originale, construction parfaite, subtilité des liens entre les personnages (la relation bourreau-victime de Richard et Eve, on le comprend au fil des pages, est plus complexe qu’il n’y paraît)... En conclusion, Mygale est un roman singulier qui, à l’image de son titre, choque, dérange mais surtout fascine.





   Le royaume de Kensuké (Michael Morpurgo)  4 commentaires
[20/01/2010 14:43]

« À partir de dix ans », c’est ce que l’on peut lire sur la quatrième de couverture du Royaume de Kensuké, du Britannique Michael Morpurgo. En réalité, ce roman peut être lu à tous les âges, car, à l’image de la mythique saga Harry Potter, son aspect envoûtant et universel satisfera tous ceux qui sont restés de « grands enfants dans l’âme ». L’histoire est classique : un enfant nommé Michael, naviguant avec ses parents à travers le monde, tombe un jour du voilier pour atterrir sur une île déserte. Déserte ? Presque, du moins, car un vieil homme mystérieux, nommé Kensuké, occupe déjà les lieux. Qui est-il ? Depuis quand est-il là ? Pourquoi est-il si distant ? Michael finira par le savoir, mais il faudra beaucoup de temps pour que la glace se brise, et que chacun finisse par s’enrichir de la différence de l’autre… Ce court roman (150 pages) est excellent. Bien écrit, très rythmé, il se lit à une vitesse folle grâce à l’intérêt sans cesse renouvelé, chose peu évidente dans la mesure où le sujet de la robinsonnade a déjà été maintes fois traité. Le texte se divise en trois principales parties : tour du monde en bateau – arrivée sur l’île et « round d’observation » vis-à-vis de Kensuké – amitié entre Michael et Kensuké. Ce livre, en plus d’être passionnant (quelle chance pour les collégiens de « devoir » le lire), est remarquablement intelligent. D’une part parce que le ton est juste, touchant – mais  jamais mièvre – et souvent drôle. Et surtout parce que le roman soulève sans l’air d’y toucher des questions fondamentales touchant à la société, l’autre, la famille, mais aussi l’espoir, la fatalité et l’être humain… Les sujets abordés sont nombreux, donc, et il faut peut-être lire plusieurs fois ce livre riche et dense afin d’en appréhender toutes les subtilités. Un roman idéal, en tout cas, pour les parents et professeurs qui veulent faire découvrir la lecture à leurs « garnements », ou qui veulent eux-mêmes redécouvrir la magie de l’univers de l’enfance.


   La mort et la belle vie (Richard Hugo)  0 commentaires
[17/01/2010 14:23]

La mort et la belle vie, du poète Richard Hugo, est un très bon polar. Dans ce roman, qui a frôlé le prix Pulitzer lors de sa parution en 1981, un policier nommé Al Barnes doit enquêter sur une vague de meurtres sanguinaires – à la hache – dans le Montana. Une mission a priori difficile : notre homme ne dispose que d’un seul indice, un ivrogne qui aurait aperçu une femme munie d’une hache, et mesurant plus d’un mètre quatre-vingt-dix (!). L’une des grandes réussites de ce roman tient en ce flic poète, surnommé « Barnes-la-Tendresse », humaniste, drôle et amateur de belles femmes. Difficile de ne pas s’attacher à lui, autant qu’aux personnages secondaires, en particulier ses amis poètes Mrvich et Petrov, mais aussi Red Yellow Bear, le shérif indien, excellent flic, mais qui a une singulière tendance à s’exprimer par grognements rauques. On apprécie tout autant l’humour, très présent dans le texte, les somptueux paysages du Montana, et le style maîtrisé de l’auteur. L’intrigue policière n’est pas en reste : les rebondissements et fausses pistes ne manquent pas, avec un dénouement à la hauteur du reste. Bref, malgré parfois un léger inconfort de lecture, dû au nombre assez conséquent de personnages, ce roman, le seul que nous ait laissé Richard Hugo – décédé peu après sa publication – est tout bonnement excellent, et à mettre entre toutes les mains.


   Les quatre fils du Docteur March (Brigitte Aubert)  2 commentaires
[15/01/2010 11:46]

« Clark veut faire médecine. Jack est au Conservatoire. Mark est stagiaire chez un avocat. Stark prépare son diplôme d’électronique. Et moi, je suis l’un d’eux. Et j’ai les mains pleines de sang. » Les quatre fils du Docteur March, de Brigitte Aubert, est un roman policier épistolaire. D’un côté, il y a le journal de l’assassin, qui on l’a compris, est l’un des quatre fils du Docteur March, ces quadruplés de 18 ans qui ont chacun l’air du parfait « gendre idéal ». De l’autre, le journal de Jeanie, la bonne, qui a pris connaissance des écrits de l’assassin : elle est la seule à savoir que l’un des fils March – mais lequel –  est à l’origine des nombreux « accidents » qui touchent l’entourage du milieu familial. Problème : son passé trouble l’empêche de faire appel à la police. Et l’affaire se complique quand elle comprend que le tueur est au courant qu’elle lit son journal… L’idée de base de ce roman est excellente, mais, comme c’est trop souvent le cas avec les polars français, son exploitation ne répond pas vraiment aux attentes. Que l’on se rassure, le récit se lit vite et sans déplaisir, mais le texte comporte beaucoup, beaucoup de défauts. Le premier qui vient à l’esprit est le style bien trop négligé, notamment en ce qui concerne les écrits de Jeanie. Le manque d’élégance de ce ton oral qui frise la vulgarité nuit fortement au plaisir de lecture. Le rythme déçoit également, le suspense va decrescendo : la première moitié est assez prenante, mais la seconde, plus répétitive, s’essouffle et s’avère finalement assez ennuyeuse. Le troisième point concerne les personnages, ni crédibles, ni vraiment attachants, à l’image de Jeanie, qui manque d’épaisseur psychologique. Et le plus décevant concerne les quatre fils, aussi facilement identifiables entre eux que le seraient Riri, Fifi et Loulou ou bien les Rapetou (jolies références). Ne s’attachant pas vraiment à des personnages trop « étrangers », le lecteur finit par ne plus accorder d’importance à la recherche du coupable, ce qui est un comble ! L’humour, quant à lui, tombe souvent à plat, et le dénouement, trop rapide, est peu convaincant. Au final, un roman décevant, où, hormis quelques trop rares rebondissements, manquent les ingrédients qui font le sel des bons romans policiers (coups de théâtre, fausses pistes…). Il y avait tellement mieux à faire avec une intrigue si prometteuse et un concept aussi original que cette relation épistolaire… C’est d’autant plus surprenant que Brigitte Aubert a prouvé qu’elle était capable de belles réussites avec le savoureux La mort des bois. Les quatre fils du docteur March, considéré comme l’un de ses meilleurs romans, n’est clairement pas de même facture.


   Les violons du roi (Jean Diwo)  2 commentaires
[12/01/2010 11:24]

Les violons du roi conte la vie d’Antonio Stradivari (1648-1737), l’un des plus grands luthiers de tous les temps. De ses débuts prometteurs, alors qu’il est encore le disciple de Niccolo Amati (petit-fils de l’inventeur du violon), jusqu’à l’apogée de sa gloire, le lecteur suit le parcours de ce surdoué perfectionniste qui a voué toute son existence à la création de nouveaux types de violons, les « stradivarius », à une période où l’instrument est en plein essor. Le métier de luthier, on le comprend vite, est très complexe : il nécessite d’avoir « le compas dans l’œil », l’oreille musicale, une infinie patience, le sens de la précision et du sacrifice, et surtout une passion sans faille. Sans parler de la pression que génère cette fonction à l’échelon le plus élevé : l’objectif du maître Stradivari n’est autre que la perfection, puisque que c’est principalement aux rois et aux princes qu’il livre ses instruments… Le lecteur croise aussi dans ce texte la reine Christine de Suède et des musiciens virtuoses tels qu’Arcangelo Corelli ou le Vénitien Antonio Vivaldi, alias le « Prêtre roux ». Ce magnifique roman écrit par le Français Jean Diwo est une pure merveille : superbement écrit et très documenté, il est également envoûtant et… passionnant. Car le tour de force du texte réside dans le fait que le lecteur n’a aucunement besoin d’une quelconque affinité avec la musique pour l’apprécier à sa juste valeur. Si son thème prédominant est l’univers musical et artistique, Les violons du roi comporte également un peu de romance – jamais mièvre –, un contexte historique mouvementé (l’Italie subit les guerres des grandes puissances de l’époque) et de superbes descriptions de l’Italie de l’époque, avec une mention spéciale pour les passages se déroulant à Venise. Bref, un inoubliable voyage surprenant, intelligent et instructif. 

Un joli extrait :

« Il réalisait son instrument tout seul, du traçage au vernis en passant par les éclisses et la taille des ouïes. Personne d’autre ne touchait le violon du maître mais chacun se passionnait et suivait les progrès de ce fœtus qui prenait forme devant eux. Stradivari, en commentant son travail, parlait d’ailleurs de la tête de son violon, de son estomac, de ses épaules… Un luthier n’oublie jamais qu’un violon a une silhouette de femme.

C’est durant ces périodes de travail personnel intense qu’Antonio était le plus heureux. La contrariété, la tristesse, ne venaient qu’à la fin, lorsque le violon avait atteint le seuil de la splendeur et que l’heure arrivait où il faudrait s’en séparer. C’était comme cela depuis toujours : l’épreuve de la rupture était d’autant plus pénible que la réussite était grande. »

                                             amourcoeur00007rh5


   Le Chien de Minuit (Serge Brussolo)  0 commentaires
[07/01/2010 11:40]

Le Chien de Minuit, de Serge Brussolo, se déroule à Los Angeles. David, ancien professeur de lettres, et écrivain depuis peu, se retrouve dans la rue suite à un conflit avec son éditeur. Il décide, avec son ami Ziggy, de fuir la violence des rues en trouvant refuge sur les toits des gratte-ciel de la ville. Cela permettra par la même occasion à Ziggy de réaliser le sombre projet qui lui trotte dans la tête…  Mais un clan occupe déjà les lieux : si les deux hommes veulent l’intégrer, il leur faudra supprimer le Chien de Minuit, l’impitoyable gardien du 1224 Horton Street, une luxueuse résidence, et le seul immeuble de L.A. dont le toit résiste encore et toujours à l’envahisseur. La partie sera serrée pour nos deux héros car Dogstone, alias Le Chien de Minuit, est un ancien combattant du Vietnam, qui n’hésite pas à jeter dans le vide les intrus qui s’y aventurent… On retrouve dans ce court roman (moins de 200 pages) toutes les caractéristiques de l’univers de l’auteur : une intrigue originale, de la violence, et des personnages « brussoliens »… L’alter ego de Brussolo, par exemple, qui se trouve être David : le héros a une imagination extraordinaire, et un talent de conteur impressionnant (d’une façon orale, contrairement à l’écrivain). Mais Brussolo excelle avant tout dans la description de personnages marginalisés, souvent attardés, en proie à des fantasmes nourris par des films ou des bandes dessinées. Le personnage de Ziggy, l’ancien surfeur qui a perdu une partie de sa raison, est à ce titre particulièrement réussi : on savoure chacune des apparitions de ce casse-cou complètement fêlé, mais dont la folie repose paradoxalement sur une rationalité implacable. Malgré quelques longueurs, ce roman très original captive le plus souvent. Il égratigne le milieu de l’édition en mettant au jour ses dérives, et dénonce les inégalités, la violence et la superficialité (via les « yuppies », qui occupent l’immeuble gardé par le Chien de Minuit) de la société américaine. Plusieurs scènes marquent l’esprit, comme la première, narrant l’ascension de Bambata jusqu’au toit, avant de se faire éjecter par le gardien, ou encore celle où l’on voit Ziggy grimper jusqu’à un appartement pour le visiter à sa façon (le point de vue est celui de David, qui, resté sur le toit, y assiste avec le recul d’un spectateur au cinéma). Cependant, ce roman laisse des sentiments contradictoires : malgré sa lenteur, Le Chien de Minuit ne va pas totalement au fond des choses, et donne l’impression de partir un peu dans toutes les directions, bref de ne pas avoir de vrai fil conducteur. Le roman laisse ainsi un goût d’inachevé : avec une idée de base aussi fascinante, il aurait pu être un chef-d’œuvre. Son immense potentiel n’est pas totalement exploité (les membres du clan, et plus généralement la vie sur les toits, auraient par exemple pu être davantage développés). C’est dommage, mais cela reste tout de même une excellente lecture, originale, savoureuse, et prenante – notamment la seconde moitié, où le suspense est habilement entretenu –, qui mérite son Prix du Roman d’aventures reçu en 1994.



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